

L'exposition réunit les oeuvres de Toshio Saeki, cinq originaux et treize sérigraphies réalisées par Fumie Tanyama.
"Les deux principaux ingrédients de son art sont la concision du trait —fruit d'une extrême maîtrise de soi et d'une lucidité sans faille — et la passion pour l'eros (ou l'ero, un terme japonais qu'il lui préfère, car selon l'artiste, s'y profile de surcroit l'idée de la mort). Autrement dit : une ligne claire et de sombres desseins.
L'univers sulfureux de Saeki est utéro-centré. Tout gravite autour de cet œil cyclopéen qui est à la fois matrice, grotte effrayante, refuge, source de jouissance et boîte de Pandore. Chacune de ses œuvres constituent autant de seuils et de passages dérobés menant directement de l'état de veille à l'état de rêve ou de cauchemar, via l'art du trait.
Chaque dessin raconte une histoire. Il y a des voyeurs et des voyeuses, des pervers et des suppliciés. Une jeune femme en tenue d'écolière, la main dans la culotte, observe à la dérobée une scène de copulation tandis qu'un vieillard libidineux jouit en cachette du double spectacle offert. Une mère décapitée court après sa progéniture. Des monstres s'attaquent à des adolescentes. Une nonne lubrique vaque à ses plaisirs. Des vieillards à tête de phallus commettent des forfaits dérisoires ou tragiques. Et souvent, au cœur du cauchemar, les plaisirs culinaires se mêlent à ceux du sexe.
Une œuvre sublime et terrifiante, que l'on se doit d'accompagner ici de l'alléchante formule d'usage : "à ne pas mettre entre toutes les mains", ou bien encore "réservé à un public averti".
Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenu." (David Rosenberg).
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